En viste à Tanger cette semaine, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) M. Mohamed Horani a indiqué devant un parterre d'opérateurs économiques que l'organisation patronale présentera "sa propre loi de finances pour 2011", rapporte le quotidien Les Echos.
Jugeant que le Maroc a passé "sans trop de dégâts le cap de la crise pour 2008 et 2009", M. Horani estime aussi que le Comité de veille stratégique (CVS) mis en place en février 2009 "suit l'évolution de la situation et a pris de bonnes mesures dans l'ultime objectif de sauver l'emploi". M. Horani a indiqué que la CGEM proposait, outre la prise en compte de facteurs sectoriaux pour décider des mesures de soutien, de considérer également le facteur de l'état économique de la région".
M. Horani, entre une visite au port Tanger-Med et une rencontre avec la secrétaire d'Etat française au commerce extérieur Mme Idrac, a tenu une première réunion avec les membres de la CGEM-Nord et ensuite présidé à l'ouverture d'une conférence-débat sur la loi de finances 2010.
Lors de sa rencontre avec les membres de la CGEM-Nord, M. Horani a indiqué que le patronat allait faire des propositions dans le cadre du projet de régionalisation avancée en défendant l'idée que le futur découpage régional doit prendre le critère économique comme élément central afin de déterminer des régions viables sur la plan économique. Sur le plan fiscal, M. Horani a salué les mesures en matière d'impôt sur le revenu (IR) et la neutralité fiscale des dispositions organisant les fusions et acquisitions.
Face à lui, les opérateurs régionaux ont tour à tour déploré la faible défense commerciale marocaine et les prix élevés de l'énergie, défendu l'idée que les entreprises, patronat et salariés, doivent avoir le choix entre le public et le privé en matière de gestion de l'AMO, appelé le CVS à s'intéresser aux secteurs exportateurs et aux secteurs qui "évitent" des importations et critiqué le fait que parallèlement à l'alignement fiscal des sociétés ayant leur siège à Tanger, latitude est laissée aux entreprises des nouvelles zones franches d'exporter vers l'extérieur comme vers le territoire national, une manière d'encourager les entreprises à quitter les zones industrielles situées en zone urbaine.
Sur ce point, les récentes inondations à Tanger-Moghogha, avec de nouvelles montées des eaux signalées cette semaine, alimentent les rumeurs d'un "encouragement au déménagement". M. Horani a invité les opérateurs de la zone industrielle à se joindre à lui pour une rencontre avec le ministre de l'industrie et du commerce M. Chami afin "d'y voir plus clair". Selon plusieurs opérateurs de la zone, "quoique une opération immobilière en période de hausse du marché peut se révéler être une bonne affaire, l'opération peut se révéler très coûteuse pour des entreprises qui ont du génie-civil et des machines comme Jacob Delafon Maroc ou les Fromageries Bel".
Horani : "Nous voulons avoir notre mot à dire sur les dépenses, les investissements et les impôts".
Point par point, sur la défense économique, l'AMO, le prix de l'énergie, le rôle du CVS, la situation du secteur du textile-habillement et la fiscalité, M. Horani a expliqué le travail de la confédération et appelé à plus de contribution intellectuelle de la part des membres. Tout en déplorant la faiblesse des moyens humains et intellectuels de la CGEM, M. Horani a annoncé un programme d'actions et de propositions ambitieux sur la loi de finances, les plans sectoriels et les contrats-programmes. "La CGEM, en tant qu'institution, peut-elle suivre ce mouvement ? " s'est -il toutefois interrogé, indiquant que la CGEM allait démarrer le travail sur sa "stratégie 2020".
Lors du débat exclusivement consacré aux nouvelles dispositions de la loi de finances 2010, présenté par M. Ben Mokhtar et modéré par le président du Conseil national de l'ordre des experts-comptables M. Bernossi, M. Horani a rappelé devant une centaine d'opérateurs et de cadres d'entreprises, la détermination de la CGEM à peser sur le contenu des prochaines lois de finances. "Nous voulons avoir notre mot à dire sur les dépenses, les investissements et les impôts" a-t-il souligné avec un regret exprimé sur le dossier de la TVA resté intouché.
